L’agro-écologie, des pratiques à vulgariser pour une préservation de l’environnement et de la santé humaine

11 août 2020

Aujourd’hui je viens vous relater un fait qui m’a fortement intrigué. Faisant le diagnostic d’un nouveau village dans le but d’entamer une série d’intervention pour améliorer le mieux-vivre, j’ai remarqué une uniformité au niveau des champs de maïs qui ont séché simultanément. Surprise j’étais parce que justement nous étions en pleine période de maïs frais. Sur un ton taquin j’ai demandé à savoir par quelle alchimie tout le champ a séché de façon homogène à une telle période de l’année. La réponse  va vous faire tomber des nues, tenez-vous bien. C’est de l’herbicide qui a été appliqué sur toute la superficie. En huit jours, le maïs sèche complètement, est récolté et commence ensuite le processus de mise en marché. Selon eux cette technique a deux avantages : se faire rapidement de l’argent via la vente de la récolte, et disposer de la même parcelle pour la production d’autres spéculations.
"Ce n'est pas vrai", m'étais-je crié ! Et dire que la majorité des produits vivriers quittent justement ces milieux et que notre estomac et donc notre santé sont tenus en partie par ces acteurs, il y a raison de paniquer.
Est-ce de l’ignorance ? Est-ce de la négligence ? Ou est-ce le manque de disponibilité du foncier ?
Ce qui est certain, c’est que non seulement l’environnement est en danger mais également la vie de toute une  population.

Encore une fois, tout le travail effectué en milieu rural a eu son sens. L’agro-écologie clamé et promu si tant a encore une fois sa raison d’être. Que dis-je, l’agro-écologie, c’est la vie.
Comme ensemble de pratiques agricoles, l’agro-écologie recherche les moyens d’améliorer les systèmes agricoles en imitant les processus naturels, créant ainsi des interactions et synergies biologiques bénéfiques entre les composantes de l’agroécosystème. (Levard et Appolin, 201224 ; Stassart et al. 201225).  Mais au-delà d’être une discipline scientifique et un ensemble de pratiques, elle comprend également une dimension sociale, environnementale et économique.
En effet,  elle est basée sur des éléments clés qui aident les pays à améliorer leurs systèmes alimentaires agricoles et à généraliser l’agriculture durable. Ces éléments prennent en compte  la description des caractéristiques communes des systèmes agro écologiques et des  pratiques fondatrices ainsi que des approches novatrices sans occulter toutes les caractéristiques contextuelles.
A cela s’ajoute la prise en compte de l’environnement à travers l’organisation autour d’une économie circulaire et solidaire.
Tous ces facteurs  permettent d’opérationnaliser l’agro-écologie et de la rendre accessible et  digeste aux acteurs concernés.

En effet, des sensibilisations sont faites dans les villages pour informer la population des conséquences de ces différentes pratiques aussi bien sur l’environnement que sur la personne humaine. Ces sensibilisations se font via des soirées cinémas au village, soit via des visites d’échanges ou même des partages d’expériences lors des causeries éducatives.
Tous les moyens ludiques possibles sont utilisés pour faire passer cette information capitale pour le bien-être de tous.
Au-delà, des séances de démonstration sont faites avec ces différents acteurs pour leur prouver la faisabilité. Mieux des pratiques sont co-crées avec eux à base de l'existant afin d’aboutir à un suivi quant à l’adoption de ces différentes pratiques. 
Ce n’est surtout pas gagné d’avance mais toujours est-il que cela rapproche un peu plus de la qualité de production recherchée dans ce milieu qui fournit des produits vivriers à  tout un pays voire tout un continent. 

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