Jardin de case au village: pratique culturale ancestrale qui fonctionne

5 juillet 2020


Depuis les temps anciens, des jardins sont cultivés aux alentours des habitations. Aujourd’hui encore, cette pratique demeure en milieu rural. Même si les techniques appropriées n’y sont forcément pas utilisées, il n’en demeure pas moins qu’ils occupent une place importante dans les systèmes d’exploitation du paysage rural.
Selon la population rurale, la petite superficie qui entoure les habitations est idéale pour l’aménagement d’un jardin de case. Il peut d’ailleurs être défini comme un système  d’exploitation agricole qui réunit les fonctions physiques, sociales et économiques sur la parcelle de terre qui entoure l’habitation. Ces jardins, généralement portés par les femmes deviennent moins fournis et moins diversifiés au fur et à mesure que les précipitations deviennent plus rares et irrégulières.

La première fonction de ces types de jardins est purement nutritionnelle. Les femmes installent à proximité de leur case un petit jardin qui leur permet, de part son contenu composé de plantes aromatiques et médicinales, de faire rapidement une sauce ou d’apporter les premiers soins à l’un des membres de la famille au besoin. Plusieurs plantes telles le vernonia, l’amarante, l’artémisia, la grande morelle, le piment, la tomate, l’oignon, etc. s’y trouvent. Il  représente donc la petite réserve alimentaire et parfois la petite boîte à pharmacie des ménages ruraux. 
Un jardin familial même de petite superficie peut fournir à elle seule assez de substances nutritives pour couvrir les besoins nutritionnels d’un enfant en pleine croissance, fournir de revenus supplémentaires aux ménages, et permettre aux familles de mieux résister à la précarité de leurs disponibilités alimentaires et de leur santé. 
L’autre fonction de ces jardins est d’éduquer à la production écologique. Ils contribuent à l’amélioration de la gestion de l’eau et des déchets au niveau des ménages et des communautés. En effet un jardin familial productif contribue à recycler  et à gérer sans risque les déchets du ménage et les déjections animales par le compostage ou en utilisant les eaux usées. Aucun apport chimique n’entre alors en ligne de compte dans la production de ces denrées qui deviennent alors facilement conservables.
Les jardins de cases pourraient constituer alors un axe d’intervention stratégique à promouvoir dans le cadre de toute action visant à améliorer la nutrition en milieu rural, l’éducation à écologie ou même l’économie rurale. 

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